Hudson Literacy
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Qu’est-ce que la dyslexie?

La dyslexie a été reconnue à la fin du dix-neuvième siècle et à cette époque, on l’appelait ‘’cécité des mots’’ Aujourd’hui, on l’associe faussement à une difficulté en lecture où, typiquement, les lettres sont inversées, créant une confusion pour l’élève qui tente de décoder les mots. L’inversion des lettres n’est qu’un indicateur parmi tant d’autres associés à la dyslexie et ne veut pas nécessairement dire que l’individu en question est dyslexique.

La lecture n’est pas innée. C’est une compétence acquise qui doit être apprise. La fondation sur laquelle ces compétences sont acquises s’appelle la conscience phonémique. La conscience phonémique est l’habileté de comprendre que les mots sont composés de segments (phonèmes) et que ces mots peuvent être représentés par les lettres de l’alphabet. Elle implique l’habilité de reconnaitre, d’imaginer et de manipuler les sons individuels des mots.

Les individus dyslexiques sont souvent incapables de reconnaitre des mots ou des sons qui riment et peuvent avoir présenté un retard de langage. Des difficultés supplémentaires peuvent se manifester plus tard à l’école et peuvent inclure un déficit de compréhension du langage écrit ou parlé, et un déficit dans l’organisation, le stockage et le rappel de l’information langagière. Souvent, chez les individus qui souffrent de dyslexie, la conscience phonémique n’est pas maitrisée et en conséquence, les fondations pour devenir un lecteur compétent ne sont pas mises en place.

Selon l’association canadienne de la dyslexie, la dyslexie affecte 20% de la population, c’est 1 individu sur 5. Il s’agit d’une pathologie génétique de nature neurologique et qui n’a rien à voir avec le niveau d’intelligence de l’individu. En fait, les personnes dyslexiques sont brillantes, ayant un QI dans la moyenne ou au-dessus, elles sont généralement très créatives et intuitives, et apprennent mieux en expérimentant. Le physicien Albert Einstein, l’inventeur Thomas Edison et l’auteur danois Hans Christian Anderson étaient tous dyslexiques.

Reconnaitre la dyslexie chez les enfants

La recherche a démontré que les symptômes peuvent souvent être reconnus chez les enfants dès l’âge de 5 ans. Selon l’Association internationale de la dyslexie, les caractéristiques courantes que la dyslexie peut comprendre sont les suivantes:

  • Lacune au niveau de la conscience des sons des mots, comme l’ordre des sons, les rimes ou de l’enchainement des syllabes
  • Difficulté à décoder les mots ou à les identifier
  • Décodage difficile des chiffres ou des lettres lorsque lus ou écrits
  • Problèmes de compréhension de lecture
  • Difficulté à exprimer ses pensées à l’oral ou à l’écrit
  • Retard dans les étapes de développement (la parole ou les habiletés motrices globales)
  • Interprétation imprécise ou incomplète du langage parlé
  • Confusion dans l’orientation spatiale ou temporelle
  • Écriture irrégulière ou illisible
  • Difficulté en mathématiques, souvent reliée à l’ordre des étapes, à l’orientation spatiale ou au langage mathématique

La recherche nous indique aussi que souvent les personnes dyslexiques ne sont pas repérées avant la 3ème année. Selon le Dr Sally Shaywitz, auteure du livre Surmonter la dyslexie, “ il n’est pas inhabituel pour les dyslexiques de ne pas être identifiés comme tel jusqu’à l’adolescence ou l’âge adulte.’’ À ce moment,  les lacunes se sont accumulées et la rééducation peut prendre du temps.

Les études concluent que le moment propice pour aborder les difficultés en lecture sont à la maternelle et en première année. Même s’il s’avère toujours possible d’aider un enfant plus âgé en lecture, après la troisième année, cela nécessitera une aide plus intensive. Plus on attend avant d’intervenir, plus ce sera difficile pour l’enfant de rattraper son retard. Une intervention précoce est donc la clé de la réussite.

Consultez la section Dépistage et évaluation disponible sur le site de la Clinique.

Les bonnes nouvelles!

Les avancées médicales, telle que l'imagerie par résonance magnétique (IRM), ont permis aux scientifiques de déterminer quelles sont les personnes dyslexiques qui ont un problème dans le réseau neuronal du cerveau, lequel affecte leur aptitude en lecture. Ce qui est extraordinaire, c’est que les chercheurs en plasticité du cerveau ont observé et conclu qu’avec une intervention appropriée en lecture, le cerveau humain peut commencer à se reprogrammer par lui-même en développant des voies neuronales alternatives après une année seulement, avec la mise en place d’un programme efficace qui inclut des pratiques d’enseignement multisensoriel. Les personnes dyslexiques peuvent apprendre et apprennent à lire!

Selon l’éminente chercheur, le docteur Sally Shaywitz, dans son livre Surmonter la dyslexie, les ingrédients clés d’un programme précoce d’intervention sont des apprentissages systématiques et directs de :

  • la conscience phonémique
  • la phonologie
  • la prononciation
  • l’épellation
  • la reconnaissance globale de mots
  • le vocabulaire et les concepts
  • les stratégies de compréhension en lecture

La méthodologie offerte à la Clinique d’apprentissage de la lecture Hudson est basée sur chacune de ces composantes de l’apprentissage.